Ué, ça fait un choc d'apprendre ça, d'un coup, comme ça. Dans le centre ville, à 18h, au portable, alors que j'm'attendais à passer une soirée plutôt sympa (à "bosser" oui mais bon) avec mathilde et rebecca. Alors que j'avais plutôt le sourire, et qu'on était sorties totalement mortes de rire de la biblio' où on est passées pour des... heu... c'est quoi déjà le mot ? Ah oui. "Dilétantes".
Déjà, j'appelle mon père pour le prévenir que je rentrerai tard. Je pensais qu'il s'en ficherait. Il était censé aller à une soirée avec ma mère. Une sorte de concert sri', quelquechose comme ça. Bref. Au téléphone, au lieu du brouhaha de la salle, j'entends un total silence. Et puis mon père, avec une voix hésitante.
"Ouais heu... jvais chez mathilde, jdois bosser, jvais rentrer tard.
- Ah... tu vas où ?
- Chez Mathilde !
- Ah ok... faire quoi ?!
- Travailler !! Pour le TPE. Tu saiiis, le truc du bac là.
- Ah ok...
- Heu... t'es où là ?!
- Près de la maison.
- ... Hein quoi ? Heuu... tu parles de notre ancien appart', à Paris ?
- Non. A Bussy.
- Pourquoi ??!! Vous allez pas au concert, ce soir ???
- Non heu... en fait... Grand-mère est morte.
- QUOI ?!
- Grand-mère est morte. On a annulé le concert, j'rentre là, jsuis en voiture tout près de la maison, jsuis là dans deux minutes. Ta mère arrive aussi.
- Morte ?! Mais comment ???!! A l'hopital ?!
- Oui. Bon écoute heu... tu vas travailler là ?
- Non... oui... non. Jsais pas. Jte rappelle."
Refoulage de larmes. Respiiiire. Jlannonce aux filles... La encore ça va. J'étais triste mais j'étais encore sous... le choc. Et là, mon téléphone vibre. C'est ma mère.
"Tu sais alors ? Pour Grand-mère.
- Ouais... Papa m'a dit...
- Mmm... tu es triste ?
- mm. *refoulage de larmes*
- Sois pas triste, d'accord ?
- ...
- Pleure pas, s'il-te-plaît. Ca va aller.
- ...
- Tu viendras avec moi, dimanche ?
- Au Sri-Lanka ?
- Oui.
- ...
- Mm ?
- .... Jsais pas. *larmes* J'ai les cours et tout. Jsais pas... Oui..??... Jte rappelle. J'arrive."
Là, j'étais en larme, totalement. C'est pas dans mes habitudes de pleurer devant les autres mais là... C'était au-dessus de moi. C'est bizarre, je m'étais toujours dit qu'à la mort de ma grand-mère, je serais triste, mais ne pleurerais pas. Que je serais... "au-dessus" de tout ça en quelques sortes. Et finalement, non. Et c'est comme si j'ressentais de plein fouet la tristesse de ma mère. Elle était effondrée ! Dans le RER en plus... et pourtant, dans sa voix, elle était forte. C'est même moi qui ai pleuré, pas elle. C'est elle qui m'a consolé, pas le contraire.
Mais bon, le soir, jlai prise dans mes bras. Jcrois que ça lui a fait autant de bien qu'à moi. La maison, ça faisait morbide. Sombre, aucune lumière allumée sauf celle du bureau. Et mon père, ma mère et moi assis un peu partout dans la pièce, mon frère debout. Glauque.
Partir pour une semaine, en pleine période de cours, de préparation de TPE, de sortie... Ouais... Mais bon, comme on dit, c'est pas comme si ça arrivait tous les jours... Et c'est rien à côté de la famille.
Jvais rater plein, plein de choses... mais jvais en vivre plein, plein d'autres...
Les filles, jvous aime (L). Cley, jte surkeef toujours autant, même si t'es trop con (L).
Dimanche 3 Février, à 13h45. En partance pour le bout du monde.